Article issu du site du journal Le Soir : http://plus.lesoir.be/170769/article/2018-08-01/la-penurie-dinfirmiers-saggrave

En 2019, il y aura peu de nouveaux diplômés sur le marché du travail. En cause : la durée des études, passée de 3 à 4 ans.

Décidé en 2016, l’allongement des études d’infirmier de trois à quatre ans aura, cette année, pour effet de diminuer considérablement le nombre d’étudiants fraîchement diplômés par rapport aux années précédentes. Conscients de la problématique et soucieux de maintenir la qualité des soins qu’ils prodiguent, de nombreux hôpitaux envisagent dès à présent des palliatifs à plus ou moins long terme.

Le recours à l’intérim est ainsi évoqué. Tout comme le recrutement à l’étranger ainsi que l’engagement de contingents plus larges au cours de cette année-ci. Tous les hôpitaux étant confrontés au même problème, la concurrence entre eux, déjà existante, risque naturellement d’être exacerbée par celui-ci. Il s’agira de se faire mieux connaître, de se montrer plus attractif que son voisin…

Effet de cascade

Une fois le cap 2019 franchi, les jours ne seront toutefois pas immédiatement meilleurs : « L’impact sera encore plus fort l’année d’après, explique Eric Maclot, directeur ‘nursing’ au CHU de Liège. Car si en 2019, il n’y a que les diplômés de spécialités qui sortiront et aucune troisième année, il va y avoir un effet de cascade en 2020 où nous n’aurons cette fois plus de spécialistes. Or, en soins intensifs et en gériatrie, nous avons des normes très spécifiques, qui ne correspondent pas à celles appliquées à l’étranger. Il faudra donc chercher ailleurs… Mais où ? D’autant qu’il est impossible d’engager des jeunes maintenant pour dans deux ans, car nous risquons de surcadrer les équipes. Franchement, c’est un dilemme. »