Le mode d’exercice de la médecine est en train d’évoluer. L’augmentation de la technicité des soins, le vieillissement de la population, le développement des polypathologies, la nécessité de garantir un égal accès aux soins sur l’ensemble du territoire et la désertification médicale sont autant d’éléments qui caractérisent l’évolution sanitaire en France.

Par ailleurs, face à la maîtrise de la dépense publique, l’Etat impose au système de santé une dynamique parallèle d’efficacité des soins et d’efficience économique. De plus, la démocratie sanitaire occupe une place de plus en plus centrale. Les patients revendiquent leur droit dans les décisions de santé qui les concernent. Le pouvoir médical est remis en cause dans son structuralisme pour laisser place à des décisions partagées soignés-soignants. Ces différents enjeux, couplés à l’accroissement des besoins de santé de la population, ont mis en exergue la nécessité de développer une nouvelle forme d’exercice des professionnels de santé qu’est la pratique avancée infirmier.

Quelle est la valeur ajoutée de ce nouveau métier ? 

Ce nouveau métier a été créé en 2018. Une formation spécifique lui est dédiée avec un dispositif de cours-stages réglementé de deux ans conférant un diplôme d’Etat d’Infirmier en pratique avancé (IPA) et un grade de master. La 1ère année de formation consiste en une année de savoirs fondamentaux et académiques communs et la 2ème année est dévolue à une spécialisation spécifique de 4 rubriques possibles : Pathologies chroniques stabilisées, prévention et polypathologies courantes en soins primaires / Oncologie et hémato-oncologie / Maladie rénale chronique, dialyse, et transplantation rénale  / Psychiatrie et santé mentale. Les Infirmiers (ères) de pratique avancée sont des infirmiers (ères) en capacité de réaliser des activités d’orientation, d’éducation, de prévention ou de dépistage, des actes d’évaluation et de conclusion clinique, des actes techniques et des actes de surveillance clinique et paraclinique, des prescriptions de produits de santé non soumis à prescription médicale, des prescriptions d’examens complémentaires, des renouvellements ou adaptations de prescriptions médicales.

Nous pensons que leur plus-value est qu’ils restent des infirmiers (ères) équipé(e)s de compétences spécifiques en sciences médicales et en sciences infirmières pour s’adapter à la singularité de chaque personne soignée dans une dynamique holiste et ce, dans des prises en soins complexes.

 

Pour lire le témoignage de 3 étudiantes en IPA, suivez ce lien

https://managersante.com/2020/03/13/regards-croises-detudiants-sur-leur-motivation-a-devenir-infirmier-en-pratique-avance/

Article collectif rédigé pour ManagerSante.com par Nathalie ALGLAVE,  Coordonnatrice générale du Département des Instituts de Formation du CHU de Nantes, Docteure en Education, Ph.D., Laboratoire Cultures, Education, Société  – EA7437 – Equipe ERCEP3 – Université de Bordeaux / CRIFPE- Université de Sherbrooke – Québec, Coordinatrice de la formation d’Infirmier en pratique avancée Faculté de Médecine / Université de Nantes),

en collaboration avec Clara BOUTELEUX, Anne-Laure BOISSINOT, Maïlys JAUFFRIT, (Etudiantes en Formation d’ Infirmier en pratique avancée – 1ère année, – promotion 2019-2021- Faculté de Médecine / Université de Nantes)